Il y a un mois, j’ai publié un article sur la visibilité des sites dans les moteurs d’IA. Depuis, j’ai appliqué la méthode sur cinq sites, dont les miens et ceux de clients. Préparer un site pour les IA s’est révélé plus simple que prévu sur le fond, et plus surprenant que prévu sur la forme.
Voici ce que ça a donné, sans enjoliver. Avec les réglages utiles et les pièges rencontrés en route.
Préparer un site pour les IA : ce que j’ai fait
Sur chaque site, la même liste, dans le même ordre :
- vérifier le fichier robots.txt et le corriger ;
- déclarer le plan du site dans Bing, pas seulement dans Google ;
- tester, à titre facultatif, le fichier llms.txt, un guide du site destiné aux outils d’IA ;
- mettre en place IndexNow pour signaler les pages ajoutées, modifiées ou supprimées aux moteurs participants, dont Bing ;
- vérifier la fiche d’entreprise en données structurées.
Dans mon cas, cela a pris une à deux heures par site quand tout allait bien. Le détail de chaque étape est dans mon article précédent.
Le résultat, un mois après
Lors de ma vérification sur Bing, l’article publié il y a un mois ressortait en première position sur une recherche reprenant les mots exacts de son sujet.
Soyons précis sur ce que ça prouve et ce que ça ne prouve pas.
- Ça montre que la page est indexée et qu’elle ressort bien pour cette recherche précise.
- Ça ne prouve pas qu’elle sortira sur des recherches plus larges, où la concurrence est tout autre.
- Ça ne prouve pas non plus qu’une IA la citera. Personne ne peut le garantir, et je le redis volontiers.
Pour le reste, le volume de recherches observé reste faible. Un mois, c’est court. Ces corrections ont levé des obstacles techniques et facilité la découverte des pages. Elles ne permettent pas, à elles seules, de mesurer un gain de visibilité dans les réponses des IA.
Cinq choses que je n’avais pas vues
C’est la partie la plus utile de ce retour d’expérience. Aucune n’était dans les guides que j’avais lus.
1. Un fichier robots.txt que je n’avais jamais écrit
Sur deux sites, le robots.txt contenait une consigne demandant aux robots d’attendre dix secondes entre chaque page. Je ne l’avais jamais mise. Elle venait d’un réglage par défaut, hérité de l’installation.
Google ignore la consigne Crawl-delay, mais Bing la prend en compte. Elle peut ralentir l’exploration et la découverte des mises à jour, selon le site. Sur l’un d’eux, les affichages stagnaient depuis un an. Cela ne suffit pas à attribuer cette stagnation à ce seul réglage. Le délai doit aussi tenir compte de la capacité du serveur.
2. Repérer le dossier réellement utilisé par le site
Sur certains hébergements, le dossier qui porte le nom du domaine n’est pas celui utilisé par le site en ligne. Il peut même contenir une autre installation de WordPress. Avant de déposer un fichier, mieux vaut vérifier le chemin actif.
Un premier repère se trouve dans WordPress : Outils, Santé du site, onglet Informations, section Répertoires et tailles. La ligne « Emplacement du répertoire de WordPress » indique où WordPress est installé. Pour robots.txt, il faut aussi vérifier la racine du domaine dans l’hébergement : les deux emplacements peuvent différer. Le contrôle final se fait à l’adresse /robots.txt du site.
3. llms.txt : une option à tester
Yoast SEO propose de générer ce fichier depuis juin 2025. L’option se trouve dans Yoast SEO, Réglages, Fonctionnalités du site, Outils d’IA. Sur les installations vérifiées, elle n’était pas activée.
Un interrupteur et un bouton Enregistrer permettent de l’activer. Mais llms.txt reste une proposition de format, que je considère ici comme un test facultatif. Sa présence ne garantit ni sa consultation par les assistants, ni une citation. Il ne remplace pas un contenu clair, robots.txt ou le plan du site.
4. Une description affichée deux fois
L’outil d’analyse de Bing a signalé deux balises de description sur une même page. L’une venait de Yoast, l’autre du champ « Extrait » de l’article, repris par un autre module.
Vider l’extrait a fait disparaître le doublon dans ce cas précis. Ce n’est pas une règle à appliquer partout : cet extrait peut servir aux listes d’articles et aux partages. La correction durable consiste à repérer le thème, le module ou le code qui génère la seconde balise. On lui retire cette fonction pour laisser un seul outil gérer la meta description, puis on contrôle le code source de la page.
5. Un titre à rallonge
Selon le thème ou le réglage de l’extension SEO, le nom du site peut être ajouté automatiquement au titre de l’article. Un titre court dans l’éditeur devient alors beaucoup plus long dans la balise de titre. Il risque d’être tronqué dans les résultats : l’affichage dépend de sa largeur, pas d’un nombre fixe de caractères.
Si l’ajout vient du modèle global, il peut concerner tous les articles du site. Le réglage se vérifie dans le titre SEO de Yoast, ou dans son modèle global. L’objectif reste un titre clair, précis et sans répétition inutile.
Ce qui n’est pas arrivé
Aucun afflux de visiteurs. Aucune citation spectaculaire dans ChatGPT. Aucun client tombé du ciel en disant qu’une IA lui avait donné mon nom.
Je le note parce qu’un mois de recul ne suffit pas à tirer des conclusions solides. Ce genre de chantier ne crée pas la demande. Il enlève les obstacles. La demande vient du contenu, du bouche-à-oreille et du temps.
Par quoi je commencerais, si c’était à refaire
- Lire son propre robots.txt et vérifier les règles appliquées aux robots. C’est rapide, et les mauvaises surprises peuvent commencer là.
- Inscrire le site dans Bing Webmaster Tools et lui envoyer le plan du site.
- Tester llms.txt si l’extension le propose, en gardant à l’esprit son caractère facultatif et expérimental.
- Configurer IndexNow pour signaler les changements aux moteurs participants. Une extension compatible, ou une intégration suivant la documentation sur un site sur mesure. Ce signal ne garantit ni l’exploration, ni l’indexation, ni le classement, ni une citation par une IA.
- Vérifier la fiche d’entreprise : nom, adresse, téléphone, communes desservies, prestations.
Ces outils peuvent être gratuits, mais leur vérification et leur configuration prennent du temps. Pour une entreprise locale, des coordonnées et des prestations claires restent une priorité. Les données structurées doivent correspondre aux informations visibles sur le site.
La suite
Je referai le point dans quelques mois, avec plus de recul. D’ici là, je continue à appliquer la même liste à chaque nouveau site que je mets en ligne.
Vous voulez savoir si votre site présente ces obstacles techniques ? Envoyez-moi son adresse par le formulaire de contact. Je vous réponds moi-même pour faire le point sur les vérifications utiles à votre entreprise.